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Sanction éducative et psychopathologies

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Bruxelles
femme 59 ans

Membre depuis le 18/04/2008
5 messages

Posté :

Bonjour
J'aide une collègue dans la rédaction de son mémoire et je suis à le recherche d'informations (références ou expérience) sur la manière dont la sanction éducative peut-être exercée lorsqu'on se trouve face à des personnes à tendances psychotiques plus ou moins graves.

Merci d'avance



chimay

Membre depuis le 25/09/2006
374 messages

Posté :

bjour Monia,

Difficile de répondre:
- "à tendance psychotique +/- grave", qu'est-ce que çà veut dire? Ce sont des structures psychotiques bien typées tout de même? Il y a un handicap associé (ex:débilité moyenne)?
- "sanction éducative" pour quels types d'actes commis?
- Les personnes concernées: elles sont en résidentiel adulte? en psychiâtrie? en centre de jour? ce sont des enfants? Il y a une famile derrière? Ils bénéficient de revenus? ils sont seuls dans leur chambre? De quel encadrement
bénéficient-ils (nombre, type,..)
Sans précisions élémentaires, comment suggérer qqchose? Pour être efficace une sanction éducative doit tenir compte de bq de facteurs externes, pas seulement du fonctionnement mental plus ou moins psychotique d'une personne, d'autant que si c'est +/- psychotique p-tête que c'est pas psychotique...

Une question à se poser quel que soit le type de personalité ou de handicap d'ailleurs, ce serait: "qu'est-ce qui pourrait porter, toucher la personne concernée?"

Voilà qques réflexions, bonne journée

JJ





Bruxelles
femme 59 ans

Membre depuis le 18/04/2008
5 messages

Posté :

Jean-Jacques :
bjour Monia,

Bonjour

En effet, les précisions sont nécessaires!
En fait nous travaillons dans une structure d'accueil de jour pour SDF.
Donc le public est de 18 à... 81 ans (affolant quand même qu'il y ait 4 personnes de plus de 70 ans!)
Comme ce n'est pas notre rôle, nous n'avons pas de diagnostique précis des "usagers". Mais à travers un dossier médical ou l'observation, nous avons des gens qui devraient être placés dans des structures adéquates et pas laissés à la rue. Mais bon, c'est un autre débat. Il y a principalement des personnes atteinte de schizophrénie (soignées ou pas...) et moins de paranoïaques. Bien sûr, la "parano ordinaire" est finalement très "normale" lorsqu'on se retrouve à la rue.
Les actes commis sont en général le non respect du règlement de la maison: horaires respect des autres et du matériel, comportement correct à table, bon usage des différents locaux (douches sanitaires, etc.); des altercations la plupart du temps uniquement verbales, nous encadrons très rapidement.


Une question à se poser quel que soit le type de personalité ou de handicap d'ailleurs, ce serait: "qu'est-ce qui pourrait porter, toucher la personne concernée?"

C'est exactement la question que nous nous posons au quotidien

Voilà qques réflexions, bonne journée

Merci beaucoup


JJ



sourire neutre



Membre depuis le 19/10/2006
187 messages

Posté :

J'n'en sais rien, mais... l'implication par la "réparation" qui après la sanction permet de prendre une autre position, plus consructive.
??????? C'est très basique comme réponse, je sais.



Liège
femme

Membre depuis le 20/02/2006
1234 messages

Posté :

A savoir qu'une sanction n'est pas toujours négative: on sanctionne une année réussie par un diplôme...

Maintenant du coté théorique, vous pouvez chercher du coté de l'approche cognitivo-comportementaliste: les renforcateurs négatifs, positifs (voir livres J. Cottraux)

Une question à se poser aussi est le pourquoi de la sanction: en quoi est ce utile pour cette personne qu'elle change de comportement: est ce pour elle ? pour des raisons de sécurité ? est ce pour rentrer des des limites institutionnelles ? raisonnable ou non ?

Du coté analytique, peut-être voir aussi, en quoi certains interdits doivent-ils etre rappellés ? (voir du coté de la Loi et du nom du père par exemple. Les grands interdits du meurtre et de l'inceste. Dolto, Lacan ).

Enfin, à ne pas oublier : "le délire est une tentative de guérison" (Freud): c-à-d en quoi est ce qu' un comportement qui nous parait abérant a un sens pour cette personne et comment il nous est possible de lui signifier, par exemple, que pour nous, il est acceptable ou non.

En vrac, qq autres références: voir les essais théoriques sur l'antipsychiatrie, sur la pratique quotidienne de la Borde en France ou encore lire "libres enfants de Summerhil d'A.S Neill

Bonne continuation !


Psychomotricité, Autisme et Psychose chez l'enfant.
Soins précoces et prévention. Quelle pratique pour le psychomotricien ?
Liège, le 26 Avril 2013
www.airelibreasbl.be



Liège
femme

Membre depuis le 20/02/2006
1234 messages

Posté :

c'est tellement vaste comme question. Certaines personnes ont parfois besoin pour accepter un interdit,que la personne n'ait pas peur de dire cet interdit. Dans certaine situation, un NON ferme peut-être plus facile à accepter que un " oui, peut-être, je ne sais pas, tu vois bien que je suis mal à l'aise".
Parfois le manque de confiance en soi peut déstabiliser l'interlocuteur. Pour d'autres personnes, au contraire, le dialogue sera nécessaire...

Voir aussi quelle est la relation nouée entre l'"éducateur" et le bénéficiaire ?

Comment l'éducateur se positionne-t-il face aux interdits qu'il amène ? "ça ne t'es pas permis. Ca ne m'est pas permis non plus". "Moi aussi, je recevrais la même sanction que toi, si j'agissais comme ça"


Psychomotricité, Autisme et Psychose chez l'enfant.
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Liège, le 26 Avril 2013
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Bruxelles
femme 59 ans

Membre depuis le 18/04/2008
5 messages

Posté :

Merci de vos réponses. Juste pour rappel, on est dans le cadre de la sanction éducative... Côté définitions, tout est OK. C'est juste le "détail" (hum!!!) de la sanction éducative face à un public "psychotique"... Je sais, ça reste vaste!!!



Liège
femme

Membre depuis le 20/02/2006
1234 messages

Posté :

Perso, je pense que c'est encore beaucoup trop vaste comme demande parce qu'une personne schizophrène, un paranoiaque, un mélancolique encore une personne maniaco-dépressive vont avoir une façon de se positionner face à votre sanction de façon très différente.

Avoir une culpabilité différente, un rapport à l'autre, ect

En fonction de leurs maladies, de leur histoire, ect

Et si la personne est un peu délirante, votre réponse-sanction sera encore perçue autrement.

Il faudrait peut-être travailler à partir de cas cliniques particuliers ?

Pour les détails d'une mise en place d'une sanction éducative, c'est en tout cas, je crois, l'approche comportementale qui devrait le plus, vous donner des pistes de travail.

Enfin, je me rappelle d'une sanction organisée dans un centre pour jeunes toxicomanes: lorsque ceux-ci dépassaient certaines règles importante de la communauté, ils étaient privés des activités "loisirs" du groupe pendant un certain temps.
Et il leur était demandé d'écrire une sorte d'autobiographie, qu'il devrait présenté au reste du groupe jeune à la fin du temps sanction préalablement défini.






Psychomotricité, Autisme et Psychose chez l'enfant.
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Liège, le 26 Avril 2013
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Membre depuis le 19/10/2006
187 messages

Posté :

a priori, je pense que les sanctions doivent rester les mêmes quelques soient les personnes impliquées. Un même fait,une sanction similaire. Je pense que que si les autres "patients" sont au courant de l'infraction, ils doivent aussi être au courant qu'une sanctioin a été prise.
Je pense que la réparation (en plus de l'aspect réparation proprement dit) doit finalement être une occasion de valoriser celui qui a commis l'infraction dans un rôle plus positif ou lui permettre de trouver d'autres solutions dans des cas similaires.
Cela c'est ce que je crois, mais je ne sais pas ce que cela vaut. J'aimerais bcp votre avis là-dessus. Ha oui... je crois aussi que c'est l'ensemble des intervenants impliqués qui doit annoncer la sanction (ou en tout cas, ils doivent savoir que c'est une décision collégiale). Il me semble aussi que la réparation peut-être proposée par le "patient".

C'est ce principe que nous utilisons dans l'institution où je travaille (le public n'est pas le même , certes, ce sont des enfants et des ados qui vivent en communauté).



Membre depuis le 03/07/2006
13 messages

Posté :

Bonjour,

Pour avoir des réflexions étayées sur une pratique au quotidien des sanctions avec ce type de public, il peut être intéressant de contacter les intervenants qui travaillent en centre de jour ou en centre résidentiel pour un public avec des souffrances psychiques importantes dont des psychoses ou des gens avec des mécanismes de défences psychotiques en tout cas ou même boderline ( ce qui n'est pas évident non plus au niveau de la question des limites ou du cadre). Je pense par exemple aux différentes structures de l'asbl L'équipe : la Pièce, le Code, le Ber, le Foyer, le CRIT. Dans leur pratique psychotherépeutique, ils ont certainement été amenés à théoriserla question du cadre, des limites, des sanctions et des psychopathologies. Il y a les équipes qui travaillent dans des appartements supervisés aussi qui peuvent être intéressantes.
A voir si ces professionnels ont du temps pour partager des idées. L'asbl l'Equipe avait une bibliothèque je pense aussi.

Voilà un idée au passage pour votre recherche d'info.

Il est sure que le sens de la sanction sera différent en fonction de l'état psychique dans lequelle la personne est et sa capacité à y répondre d'une manière adéquate encore plus. Dans l'instituion où je travaille avec des enfants, la sanction vaut pour tous en fonction de limites établies mais le type de sanction (punition ou/et réparation) va être individualisée en fonction des mécanismes de défences ou de la souffrance psychique de l'enfant au moment donné. Il y a aussi la question du groupe si on individualise: prévoir que les membres du groupe puissent supporter des sanctions idfférentes en fonction de souffrances différentes. Ce n'est pas évident et ce n'est pas réalisable dans toutes les types de structure (résidentielle pure, éducative, psychothérapeutique, psychiatrique, répressive, ...).

Bonne réflexion


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