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deficience intellectuelle et affectivité/ mon questionnement



ferney
femme 56 ans

Membre depuis le 19/02/2009
2 messages

Posté :

Bonjour,
Je travaille dans une institution auprès de personnes déficientes intellectuelles; Je m'interroge quant à une personne trisomique de 48 ans que j'accompagne en tant que référente et donc interlocutrice privilégiée. Je travaille dans cette institution depuis 5 mois sulement. J'ai mis en place un projet lecture via une activité "recettes de cuisine" chaque semaine avec cette même personne. Au fil des semaines, elle prend confiance en elle, est fière d'elle, se sent valorisée et cependant, ces dernières semaines, j'ai remarqué que cette personne pleurait souvent et demandait systématiquement à téléphoner à sa belle-soeur mentionnant toujours qu'elle n'avait plus de parents et se mettant à pleurer au bout du fil. Elle a perdu ses deux parents très rapidement et a très peu de contacts avec sa famille. J'ai souligné ce fait à mon équipe qui aurait tendance à dire qu'il faut stopper ses appels et quelque part réfreiner ce débordement d'émotion, cette expression, pour moi d'un manque, d'un vide affectif qu'elle a peut-être du mal à exprimer avec des mots. Je précise qu'elle exprime très peu ses émotions, qu'elle se ferme assez facilement et que pour moi il me semble important de créer suffisamment de confiance pour accompagner ses difficultés et accueillir sa parole. J'ai du mal à me positionner vis à vis de mon équipe pour qui cette attitude est "suspecte" alors que pour moi elle mérite d'être pensée, "creusée" et accompagnée.
En tant que professionnels quelle attitude adopteriez-vous ? Quels conseils ou avis me donneriez-vous ?


moka



chimay

Membre depuis le 25/09/2006
374 messages

Posté :

bonjour,
pq réfreiner ses émotions? pcq çà met mal à l'aise le personnel lui-même? çà c'est ma 1ère réaction...
On n'est pas dans la bientraitance si on agit ainsi.
Maintenant, tu ne nous en dis pas assez quant à la qualité des contacts avec cette b-soeur...
Si elle est exacerbée par ces appels, si elles ne se rencontrent pas, si c'est "simplement" des contacts téléphoniques entre elles 2, s'il n'y a pas d'investissement affectif de la b-soeur, cette résidente restera tjours sur sa soif d'attention et de reconnaissance. Il faudrait pt-être agir sur cette b-soeur si c'est posssible. Et agir sur ta résidente: un travail de deuil non encore fait? l'aider à + investir affectivement dans des personnes de l'institution?

je n'en saurais dire plus, sans infos supp.

bonne journée

JJ



ferney
femme 56 ans

Membre depuis le 19/02/2009
2 messages

Posté :

Merci pour ta réponse,

Le contact avec ce membre de la famille a repris depuis trois ans environ et les contacts avec cette personne se font épisodiquement ( anniversaire, noël, et quelques fins de semaines). Il y a un lien mais j'ai le sentiment que c'est bien plus la personne que j'accompagne qui recherche cette présence car c'est le seul lien familial qui existe autour d'elle. C'est là qu'elle semble rechercher un réconfort, un peu d'affection à travers quelques paroles échangées et qui disent le manque " je n'ai plus de parents".Tout comme toi, j'ai soumis l'hypothèse d'un accompagnement plus poussé autour de la parole ( accompagnement avec une psychologue par exemple) pour l'aider à exprimer et par-là même dépasser la perte des parents et de la fratrie qui n'existe quasiment plus (plus de liens si ce n'est avec ce frère et cette belle-soeur et de manière épisodique). Je débute cette relation et je suis, comme tu peux le constater dans l'ébauche d'hypothèses et le questionnement. Je te remercie pour tes conseils qui apportent un peu d'eau à mon moulin et m'ont permis d'échanger avec quelqu'un d'autre.


moka


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