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Facteurs rendant la recherche d'emploi difficile pour les psychologues



Membre depuis le 08/07/2011
6 messages

Posté :

Un psychologue fraîchement diplômé, comme les diplômés de chaque discipline, peut soit trouver du boulot directement, soit se trouver contraint de commencer sa recherche d'emploi.

Dans la première situation, plusieurs explications sont possibles.

L'étudiant s'y prend à l'avance. Avant d'atteindre la fin de son cursus académique, il postule partout où il pourrait obtenir un poste lorsqu'il sera diplômé.
Il peut également avoir gardé de bons contacts avec son lieu de stage et être sûr d'y avoir une place lorsqu'il sera diplômé.
Enfin, il est possible de se lancer directement comme indépendant et d'ouvrir son propre cabinet (ou de louer un cabinet à plusieurs professionnels si peu de moyens financiers). Mais l'activité d'indépendant n'est pas facile à démarrer en raison du manque de patientèle. Il faut le temps au psychologue indépendant de "se faire un nom", voire une réputation basée sur ses compétences en tant que "professionnel de la santé mentale répondant aux attentes des patients". Le bouche-à-oreille fera le reste.
Une explication supplémentaire peut être évoquée : celle d'être pistonné par un ami psychologue ou un membre de la famille. Mais je doute que ce cas soit fréquent.

La seconde situation est celle qui nous intéresse plus particulièrement ici. Nous nous posons la question suivante :

Qu'est-ce qui rend la recherche d'emploi difficile pour les psychologues ?

Plusieurs facteurs peuvent être évoqués.

En premier lieu, le manque d'expérience professionnelle.

Le fait de manquer d'expérience est le cas de tout jeune diplômé. Néanmoins, il semble que dans le cas du psychologue, cette expérience est davantage exigée. Ce qui peut être compréhensible puisqu'il s'agit de travailler avec des personnes qui nous font confiance et qui ont des attentes à notre égard. Il convient donc de bien comprendre quelles sont ces attentes et de travailler avec le patient dans une optique d'aide.

Les étudiants de l'ancien système universitaire (avant le décret "Bologne") ont à leur actif deux stages de 650 heures chacun, ce qui équivaut à huit à dix mois d'expérience. Ces deux stages ne sont malheureusement pas considérés comme de l'expérience professionnelle. Pourquoi ? Il s'agit bien d'être intégré sur le terrain, d'être auprès de patients et, cela, sous la supervision d'un psychologue expérimenté (et mieux encore : au sein d'une équipe de professionnels). Qu'il s'agisse d'observation pure ou de tâches impliquant le savoir-faire de l'étudiant (administration de tests, consultations, entretiens individuels ou de groupe,...), l'étudiant a de cette façon un premier aperçu du travail du psychologue et des ses propres compétences en tant que futur psychologue. C'est pour cette raison que les stages doivent être considérés comme une première expérience professionnelle.
Qu'en est-il maintenant des étudiants du nouveau système (après le décret "Bologne") ? En effet, ceux-ci n'ont qu'un seul stage ! Une seule première expérience professionnelle et de durée moindre. Ils sont donc clairement pénalisés.

Enfin, le comble du manque d'expérience professionnelle est de justement pouvoir commencer à un moment afin d'acquérir ce début d'expérience ! Les employeurs devraient davantage donner leur chance aux jeunes diplômés.

Une solution peut être proposée ici aux étudiants : ne pas hésiter à faire du bénévolat en même temps que son cursus. Cela ne sera jamais de trop sur le curriculum vitae !

En second lieu, la sous-spécialisation versus la sur-spécialisation.

A l'université, nous avons l'opportunité de choisir des spécialisations. Ces orientations nous prédestinent à travailler dans un domaine particulier en psychologie plutôt qu'un autre. C'est ce qui, malheureusement, peut être un obstacle dans la recherche d'emploi. S'il ne trouve pas dans son orientation, il n'aura pas plus de chance de trouver un emploi dans une autre orientation. Par exemple : un psychologue ayant étudié la psychologie clinique se verra refuser plus d'un poste en ressources humaines.

D'autre part, certains emplois demandent des compétences supplémentaires, à acquérir en plus du cursus général. Par exemple : spécialisation psychiatrique, spécialisation pédiatrique,... Cela signifierait alors que le cursus général n'est donc pas suffisant pour obtenir un emploi ? Le cursus comprend pourtant des cours de psychiatrie, de psychologie de l'enfant, etc. Après cinq années d'université, le psychologue est donc contraint de suivre un cursus complémentaire...

Comment conclure cette séquence ? L'université formerait des psychologues déjà trop spécialisés et pas assez à la fois ? Il devient alors difficile de savoir vers quoi s'orienter pour un étudiant... Il lui faut faire le bon choix et suffisamment tôt pour ne pas avoir à le regretter plus tard.

En troisième lieu, le manque de connaissances linguistiques.

En Belgique, nous le savons, il est nécessaire d'avoir des connaissances en néerlandais si l'on veut travailler aux environs de ou à Bruxelles. Si l'on veut travailler avec des demandeurs d'asiles, des connaissances en anglais sont évidemment requises.

Seulement voilà, les langues ne sont pas assez poussées à l'université, et en particulier à la faculté de psychologie. C'est ce qui fait la différence avec d'autres branches telles que les Sciences économiques et politiques, le Marketing, etc.
Notons qu'il est d'autant plus important d'avoir de bonnes connaissances linguistiques pour un psychologue (cela pourrait être dommageable si celui-ci comprenait mal son patient).

Une seule solution s'impose pour l'étudiant unilingue : suivre des cours de langues à côté, en même temps que ses études.

En quatrième lieu, les postes vacants sur le marché de l’emploi.

De toute évidence, le nombre de postes vacants pour les psychologues varient d’une période à l’autre. Cela dépend des demandes de la population, des subsides disponibles, des offres faites par les institutions et les entreprises,… Une raison de taille est bien sûr la période de crise que nous vivons depuis la moitié de l’année 2008. Cette période n’a évidemment aidé en rien à la recherche d’emploi. Suite à cela, par exemple, les hôpitaux n’engagent que des psychologues indépendants ou subsidiés par des fondations (telles que la Fondation pour la lutte contre le cancer notamment).

Dans cette situation, c’est à celui qui est le plus rapide et le plus convaincant !

Enfin, les différences entre les statuts de gradué et d'universitaire.

Si un psychologue, universitaire, se "résigne" (après avoir postulé pour une multitude de postes de psychologues, sans succès) à postuler pour un poste d’assistant social, il essuiera probablement un refus supplémentaire. Car jugé trop qualifié et/ou trop cher en raison de sa formation universitaire.

Par contre, si notre psychologue parvient tout de même à décrocher un poste destiné initialement à un gradué (par exemple, en tant qu’éducateur dans une institution), il y a des chances que celui-ci finisse par s’ennuyer et à ne plus apprécier sa fonction. Ce qui sera dommageable non seulement pour lui, mais aussi pour les résidants ou les patients.

Il s’agit donc de ne pas accepter n’importe quel premier job par dépit, même si celui-ci serait une première expérience. Car cette première expérience non-appréciée pourrait bien nous mener dans une voie professionnelle qui ne nous plaît pas et, de surcroît, avec un non-retour à la clef ! Bien choisir son premier job (même si cela requiert des mois de recherche) est donc nécessaire.

En conclusion, il est clair que la recherche d’emploi pour les psychologues est difficile. La persévérance est de rigueur et le renouvellement régulier des candidatures est nécessaire. Ne pas perdre espoir est une des clés aussi à l’obtention d’un emploi (arriver à un énième entretien d’embauche avec la mine déconfite et suppliante n’est pas recommandé !). Garder contact avec ses anciens maîtres de stage ainsi que ses anciens camarades de cours peut nous amener à avoir connaissance d’un poste vacant (le bouche-à-oreille fonctionne, quoiqu’on en pense !). Passer des heures sur les sites de recherche d’emploi peut également s’avérer fructueux. Les efforts sont toujours récompensés et tout vient à point à qui sait attendre !

Aux étudiants en psychologie, faites le bon choix dès le départ, sachez vers quoi vous voulez vous diriger et ne rechignez pas à suivre des cours supplémentaires en même temps que votre cursus et/ou à vous impliquer dans des associations en tant que bénévoles !

A bon entendeur…



Membre depuis le 01/08/2008
269 messages

Posté :

Tu sembles ignorer qu'assistant social est un titre protégé. Donc seul une personne possédant le titre peut valablement postuler pour un boulot d'AS.
De plus, il ya un monde de différence entre un AS, un psy et un éduc. Nos formations, nos métiers, la finalité de nos actions est différente.
Crois-tu vraiment que si nos métiers étaient les mêmes, les institutions engageraient 3 personnes pour un même boulot ???



Membre depuis le 08/07/2011
6 messages

Posté :

Merci de réagir à ce débat.
Bien entendu, je n'ignore pas que le titre d'AS est protégé ni que les formations et finalités sont différentes, et ce pour avoir des amis dans chaque branche.
Cependant, je connais des licenciés en psychologie qui ont obtenu un job d'AS ou d'Educ. Des institutions acceptent donc (encore) des psys pour des jobs destinés au départ pour des AS ou des Educs.
Et heureusement ! Cela leur a fait une première expérience professionnelle.



Nivelles
femme

Membre depuis le 25/02/2011
8 messages

Posté :

Bonjour,

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. D'abord, certaines entreprises engagent des jeunes sans expérience et sont prêtes à les former, même des cliniciens pour faire des RH ... Il faut juste que le candidat soit motivé ... et honnêtement pour avoir fait du recrutement de nombreuses années ce n'est pas une chose facile à trouver ... Idem pour les langues, si la personne est motivée et est prête à par exemple passer un mois à Anvers pour parfaire son niveau, ça passe. Mais beaucoup de candidats (psy ou autres) refusent ... Il est vrai qu'apprendre sur le lieu de travail est bien plus difficile et prenant que sur les bancs de l'école.

Par rapport à la sous-spécialisation, c'est vrai pour tous les diplômes : on demandera à un juriste d'avoir un diplôme en fiscalité ou en droit familiale suivant l'emploi proposé.

Enfin, dans tes pistes, tu oublies un autre point les jobs d'étudiants, qui peuvent parfois servir aussi d'expérience. J'ai travaillé comme jobbiste tous les étés dans une société et une fois en licence ils m'ont proposés d'aider le service recrutement : corriger les tests, accueillir les candidats, .... j'étais en orthopédagogie, effectué un stage en clinique, et ça m'a ouvert les portes des rh

Enfin, je fais partie des "avant-bologne" qui ont eu la chance (!) de faire deux stages ... mais qui ne bénéficiaient alors ni des APE, Rosetta, convention premier emploi ... et donc devaient souvent attendre la fin de leur stage chômage pour bénéficier des aides à l'embauche (soit 9 mois d'inactivité). Donc ce n'était pas facile pour nous non plus ...

Bref, ce que je veux dire est que le problème n'est ni nouveau ni lié uniquement aux psy. Que ce qui compte souvent c'est juste d'en vouloir et d'être motivé. de s'ouvrir toutes les portes et enfin savoir ce que l'on veut. Des emplois, il en existe partout en Belgique ... Mais qui est pret à faire deux heures de navettes par jour ou d'aller travailler en flandre ?

Je ne condamne personne et certainement pas ceux qui cherchent depuis plusieurs mois, je sais combien c'est difficile pour eux. Je ne crois simplement pas constructif ou productif de chercher des excuses au sein des études ou du marché de l'emploi.



femme 35 ans

Membre depuis le 10/08/2010
125 messages

Posté :

Bonjour à tous!
Je suis de la génération Bologne, je suis donc assez bien placée pour dire ce qui freine dans la recherche d'emploi.

Tout d'abord, le nombre de stage dépend des unifs. A mons, il y en a deux de minimum 300h chacun. Libre à chacun de faire plus d'heures si le lieu de stage accepte et si on a le temps étant donné qu'en parallèle nous avons cours, tp et mémoire! Personnellement, mon premier a été de 300h et mon deuxième de 460h.
Malheureusement, ce n'est pas considéré comme expérience clinique alors que dans certains lieux on en fait autant que le psychologue qui nous suit.
Mais il faut savoir bien choisir son lieu de stage car il aura un poids important auprès des employeurs potentiels. Mais bien choisir est difficile car il y a tellement de choix et surout tellement d'étudiants qui auront réussi à prendre la place tant voulue...
Voilà pour les études.

La recherche d'emploi! Il ne faut pas se voiler la face, on est beaucoup à cherhcher plus d'un an, voire deux ans avant de trouver un job. Quand on sait qu'il y a en moyenne 150 personnes qui postulent pour un poste, il faut savoir se démarquer. Donc oui il y a le bénévolat, les stages, des formations supplémentaires,... Mais tout le monde n'a pas la chance de pouvoir rester en stage d'attente durant 9 mois sans toucher un euro, puis 300 euros au chomage. Certains se voient dans l'obligation de travailler. D'autant plus que les formations sont horriblement chères! Et demandent souvent de l'expérience de 2 ans au moins. C'est un cercle viscieux!

Alors on postule tous pour être éducateur ou AS mais vous savez ce qu'on nous répond (véridique): "on va pas vous engager alors que vous ne comptez pas rester éducateur". Ce que je comprends très bien, on a pas fait psycho pour être éducateur ou AS, dans ce cas là, on aurait fait ces études-là non?! Et puis, il y a assez d'éduc qui sortent chaque année pour que les psy ne viennent pas prendre leur place. D'autant plus que, je vous avoue, je ne sais pas ce que c'est qu'être éducateur, je n'ai pas cette formation.
Il faut aussi savoir que certains lieux, par manque de moyens, engageront davantage un éduc ou un AS pour faire le même boulot qu'un psy.

Je suis sortie l'année dernière de l'unif et il y a très peu de plan Rosetta, APE,... Même en RH, c'est très compliqué de trouver. Ils prennent pas mal d'assistant psycho ou des psy du travail. Pourquoi payer pour nous former, nous les cliniciens alors qu'il y a déjà des personnes formées?

Beaucoup d'entre nous sont très motivés mais c'est difficile. Les psitons comptent énormément, s'entourer des bonnes personnes, trouver l'énergie et la motivation tous les jours,... Tout cela se fait au fil des mois et pas en un claquement de doigts.

Beaucoup d'entre nous sont aussi prêts à aller à l'autre bout de la Belgique, je vis à Bruxelles et j'ai déjà postulé au-dessus de Liège.

Un grand nombre de professionnels me disent souvent qu'ils ne veulent pas être pessimistes mais que trouver un job, c'est un gros coup de chance (en mettant toutes les chances de notre côté comme faire du bénévolat, une formation).
Plusieurs professeurs m'ont déjà dit qu'il serait temps de réformer les études de psycho. Nous sommes trop à en sortir, trop ayant choisi la même option, il nous manque des connaissances essentielles,...

Mais ne perdons pas courage! Il faut se battre avant de déclarer forfait.
Même si je n'ai toujours pas de travail, je m'estime privilégiée car j'ai réussi à décrocher une excellente formation pour devenir psychtothérapeute familiale et je suis bien entourée par ma famille, ce qui me permet de ne pas devoir prendre n'importe quel travail afin de pouvoir vivre décemment.
Je pense à tous ceux qui ont réussi leurs études et qui ont dû prendre d'autres orientations afin de subvenir à leurs besoins.

Bonne chance à tous!


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