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transmission des résultats d'un bilan psy d'un enfant

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femme

Membre depuis le 14/11/2007
11 messages

Posté :

Je suis psychologue en centre de guidance. Dans le cadre de mon travail, je réalise des bilans intellectuels avec des enfants. Quant est-il de la transmission des résultats?

Je rencontre toujours les parents et l'enfant pour expliquer et répondre à leurs questions.

Mais puis je transmettre les résultats des tests aux professionnels envoyeur? Sous quelle forme?
Notamment, des logopèdes me demandent de réaliser un bilan pour un remboursement logopédique. Puis-je transmettre une synthèse des résultats directement à la logopède?

Ou encore, lorsque une psychologue reçoit un enfant pour une thérapie et qu'elle me demande de réaliser un bilan intellectuel. Puis je lui transmettre les résultats directement? Et dans le cas contraire, comment dois je procéder? Les remettre aux parents?

Je me pose également la question en ce qui concerne le P.M.S. Si l'école envoie un enfant pour un bilan? (souvent parce qu'ils ont une question plus large que le QI) Puis je avoir un contact avec eux ou transmettre un rapport?

Merci d'avance pour vos réponses! sourire



chimay

Membre depuis le 25/09/2006
374 messages

Posté :

bonjour HP,

chaque exemple donné demanderait une réponse différente...
Mais, en gros:
- en principe, il faut communiquer les résultats, c'est aidant pour les autres professionnels, qui sont habilités à s'en servir positivement pour leur propre boulot, et déontologiquement tenus par le secret professionnel
(à noter que j'ai du mal à comprendre pq une psychothérapeute te demande de faire passer le test et qu'elle ne le fait pas elle-même, à moins qu'elle ne soit pas psychologue, çà relance le débat d'un autre forum, tiens!)

- des résultats chiffrés peuvent être envoyés aux professionels envoyeurs (s'il s'agit de professionnels du secteur, pas des avocats par ex., évidemment)) avec les résultats aux sous-tests(surtout quand il y a dysharmonie entre QIV et QIP et dysharmonie entre les sous-tests eux-mêmes) avec explications éventuelles pour les professionnels non-psy (ex:logo)et avec une interprétatation des résultats obtenus si demande est justement de voir s'il y a une faiblesse particulière (abstraction, mémoire, etc..)

- quant aux parents, il convient d'être extrémement prudents bien sûr. Tout ne mentant pas, il conviendrait plutôt de relever les forces et faiblesses en accentuant les unes ou les autres selon ce qu'on ressent des attentes des parents par rapport aux résultats du tests (effet Rosenthal, tout bêtement,par ex., pour ne citer que cela)

voilà mes impressions sur le sujet

JJ



femme

Membre depuis le 14/11/2007
11 messages

Posté :

Merci Jean jacques

Je pense effectivement qu'il est important de distinguer les situations.

Si je me pose la question c'est parce que des collègues m'ont fait remarquer que le secret profesionnel peut ne pas être le même pour tous les psychologues. La position de mon collègue est que le seul professionnel a qui on peut transmettre ces résultats est le médecin. Dans les situations ou l'école demande, ou encore un thérapeute, il préconise une rencontre avec tout le monde pour transmettre alors les résultats avec les parents.

Par exemple: un psy en P.M.S peut-il parler des résultats avec l'instituteur lui même non soumis au secret prof? Comment les résultats sur papier peuvent être interprèter? nous savons que l'utilisation d'un QI peut être fort diffèrente d'un psy à l'autre, il y aurait bien d'autres questions, mais c'est un autre débat!

En tant que thérapeute, il m'arrive de demander à un collègue de réaliser un bilan. En effet, une fois engager dans un travail thérapeutique avec un enfant, il ne me semble pas possible d'avoir cette double position, d'une part d'examinateur et d'autre part de thérapeute.

Il me semble en tout cas que le code de déontologie n'est pas clair sur le sujet.

HP



femme

Membre depuis le 14/11/2007
11 messages

Posté :

sur le sujet du secret professionnel et du secret professionnel partagé.



chimay

Membre depuis le 25/09/2006
374 messages

Posté :

rebonjour HP,

Oui, tout dépend des situations et de ce que fait un psy d'un résultat QI, mais enfin, pour ce dernier, ou on est psy ou on ne l'est pas, tout de même!

Pour ce qui est des résultats à transmettre seulement au médecin, heu.... Excuses-moi de dire cela, mais dans quel film il vit ton collègue? depuis qd est-ce qu'un médecin va être capable d'expliquer les résultats d'un ou d'un ensemble de sous-tests à qui que ce soit?
Ne serait-ce pas là la malheureuse idée à pourfendre que les psy doivent être sous la coupe de médecins pour exercer? Comme s'ils nous étaient supérieurs dans la pratique de notre art (car c'est aussi un art, non?)
j'ai sans doute de la chance, mais plusieurs médecins m'envoient des patients, régulièrement, je communique avec eux (si patient dit ok)et jamais un seul de ces médecins ne m'a dit ce qu'il fallait que je fasse, bien au contraire...!

Pour ce qui de transmetttre à l'instit., ben à priori, non, évidemment. Sauf (par ex.)si un instit. pense que l'élève le fait exprès de ne pas comprendre alors qu'il s'évertue à lui inculquer, et qu'il est prêt à continuer à renforcer positivement l'élève après qu'il ait appris, ben, que l'élève en question, il a vraiment des difficultés de compréhension, alors on peut fournir les infos (juste suffisantes) pour le bien êtree de l'enfant, non?
parce que c'est cela notre "mission", je pense.

En ce qui concerne la réunion de tous les intervenants, ben oui, dans certaines situations, selon aussi dépend de notre mandat (forcément), on peut voir l'ensemble des personnes, tout en sachant qu'on ne pourra jamais tout dire à toutes les personnes présentes à la fois. Et çà c'est peu constructif, non?
Parce que ce n'est pas entièrement aidant, peut-être, pour l'enfant.

JJ



Membre depuis le 21/02/2006
407 messages

Posté :

par rapport au secret professionnel :

le secret professionnel partagé, aux yeux de la loi, n'existe pas. en dehors des cas de figures clairement explicités par la loi, le secret professionel ne peut être levé.
ces cas sont : obligé de déclarer des naissances à l'état civil, dénoncer des maladies contagieuses, déclarer transgression dans le cadre des peines alternatives, ainsi que .. dans la non assistance à personne en danger.

attention à ce dernier concept, il est très très très restricif (péril grave, actuel, réel + absence de danger pour l'intervenant)

Néanmoins, le développement de la pluridisciplinarité du travail social, ainsi que du développement des réseaux posent de façon plus insistante la question de ce qui peut être transmis ou pas.

Sur le plan légal, la prudence s'impose puisque ce n'est pas réglementé. il faut respecter, au strict minimum, TOUTES les conditions suivantes :
- information du bénéficiaire
- accord du bénéficiaire
- entre personnes elles-mêmes tenues au secret professionnel
- entre personnes oeuvrant dans le cadre d'une même mission
- respect de l'intérêt du bénéficiaire et limité au strictement utile.

voici déjà quelques balises qui peuvent alimenter votre réflexion.
notamment quand vous dites "transmettre le rapport". reliez celà avec la dernière condition, à savoir limiter la transmission aux infos strictement utile.


en résumé : il faut inverser la proposition de Jean-Jacques : en principe, il NE faut PAS communiquer les résultats, sauf si.... (respect de toutes les conditions précitées)

il faut trouver un compromis entre une collaboration de qualité avec les acteurs du réseau, dans l'intérêt du bénéficiaire, ET le respect des droits du bénéficiaire.

n'oubliez pas : la loi protège le droit à la vie privée avant de protéger la collaboration entre professionnels.

J'ai suivi une formation sur ce sujet "secret professionnel et travail en réseau" grâce à l'asbl Droit Quotidiens à Wavre.



femme

Membre depuis le 14/11/2007
11 messages

Posté :

merci pour vos réponses Jean Jacques et Vincent

Cela me semble maintenant plus clair. Il me semblait en effet, que sur le plan légal, ça n'était pas inscrit comme tel.

Certains psychologues remettent en question le fait de donner le rapport aux parents, d'autres le préconisent...

Si je comprends bien ton point de vue, et pour reprendre mes diffèrentes situations, je peux transmettre les informations à chaque professionnel envoyeur en me limitant aux informations nécessaires à sa mission (ce qui est une question de bon sens). Cela tout en sachant qu'on ne peut contrôler la façon dont les résultats seront utilisés par après...

Dernièrement, j'ai remis le rapport aux parents leur disant qu'ils pouvaient alors le remettre au professionnel envoyeur. De cette façon, c'est leur choix.
Mais cela n'empêche pas qu'on aie besoin de communiquer entre professionnels de ces résultats.



Membre depuis le 19/10/2006
187 messages

Posté :

Puisque vous parlez de la transmission des résultats de bilan psy, j'en profite pour vous poser une question.
Voilà, j'suis éducatrice dans un centre d'hébergement (également centre de jour enseignement de type 3 et 8).
A la base, j'suis logopède de formation mais j'ai également une formation en psycho (non terminée, mais une bonne partie des cours de 1ère et 2ème licence). Tout cela pour dire que je m'étonne parfois de la manière dont les résultats de tests de QI sont transmis lors de réunions pluridisciplinaires servant à réfléchir sur l'orientation future des enfants. A plusieurs reprises, j'ai vu des résultats globaux de QI énoncés suivis parfois du détail de certains substests... alors même qu'il y avait une grande dysharmonie entre le verbal et le performance et que de plus, on énonçait que l'enfant était très peu disponible et très opposant vis-à-vis des évaluations en général.
J'ai donc entendu dire qu'un enfant avait un QI d'environ 75 (avec par exemple de grandes lacunes en vocabulaire). Connaissant l'enfant en question, j'ai souligné le fait qu'il était bilingue et avait parlé une autre langue à la maison jusqu'à l'entrée en primaire, j'ai donné des exemples de ses aptitudes dans la vie quotidienne, etc... afin de nuancer un peu les résultats, mais rien n'y fit. A la fin de cette réunion, la conclusion de beaucoup était que..."oui, mais n'oubliez pas qu'il a un petit QI !!! ".
Il me semblait pourtant que dans le cas où le QI semblait non interprétable, il fallait taire les chiffres obtenus. Ais-je rêver cela, ou cela fait-il bien partie des "règles"?



chimay

Membre depuis le 25/09/2006
374 messages

Posté :

Non, tu n'as pas rêvé, sur base des infos que tu nous transmets, c'est toi qui a l'air d'être dans le bon.

JJ

Pour Vincent S.:

L'accord du bénéficiaire...
Wouais...
C'est beau la théorie! Et quand il s'agit d'un enfant de 6 ans ou d'un handicapé, mental adulte ou d'une personne alzheimer?

JJ



Membre depuis le 21/02/2006
407 messages

Posté :

ah oui bien sûr, c'est un point de vue très juridique que j'ai présenté.

un juriste vous conseillerait de rester prudent, et de coller le plus possible, aux critères énoncés.

il n'empêche qu'un professionnel, tenu au secret professionnel, se comporterait en faisant peu de cas des précautions à prendre en cas de transmission d'infos s'expose à de nombreux risques.

pour l'instant, il y a eu peu de suites en justice, impliquant des psys, éducateurs, logopèdes etc. il s'agit plutôt de médecins ou avocats.
restons prudents.


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