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I.E.F.S.H.

Comme chaque année, nous entreprendrons en septembre un nouveau cycle de formation à l’approche systémique et à la thérapie familiale en quatre ans (à raison de 26 journées par an) dont voici le dépliant. Par ailleurs, notre institut est associé à l’ULB et la formation qui y sera donnée bénéficiera d’une reconnaissance conjointe.

Les entretiens préliminaires pour le nouveau groupe de la formation prévue pour septembre 2020 peuvent se faire dès maintenant sur Skype ou Zoom avec notre directrice Edith Goldbeter après pris contact par mail et envoyer le CV (egoldbeter@gmail.com).

Ces formations sont ouvertes tout autant aux psychiatres et psychologues qu’aux intervenants en santé mentale munis d’un Bac+3, et peuvent être, si nécessaire, approfondies ensuite par la participation à nos groupes de supervision, ceci en prévision des nouvelles exigences qui pourraient être préconisées par le futur projet de loi concernant la formation et la pratique de la psychothérapie.

Vous trouverez également dans la rubrique "nos activités" les annonces des formations courtes proposées par les formateurs de l’institut.

Rappelons que l’Institut d’Etudes de la Famille et des Systèmes Humains fut créé en 1979 par Mony Elkaïm, et que le premier cycle de formation au label de l’Institut fut lancé en 1983, avec une équipe de formateurs qui avaient déjà plusieurs années d’expérience en tant que formateurs en Belgique et à l’étranger. Certains d’entre eux ont été enseignant ou professeur d’universités belges ou françaises, ainsi qu’enseignant dans de hautes écoles.

Soulignons que l’Institut d’Etudes de la Famille et des Systèmes Humains a acquis une renommée internationale grâce à ses activités diversifiées : en plus de la formation précitée, les membres de l’Institut ont créé des concepts théoriques et ont publié des ouvrages et des articles dont les références sont régulièrement citées dans le champs de la thérapie familiale, ils sont responsables d’une revue francophone réputée (Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux), dirigent des collections d’ouvrage traitant de la psychothérapie (Seuil et De Boeck-Albin Michel). Ils ont siégé dans des associations américaines et européennes de psychothérapie et de thérapie familiale. Ajoutons à cela l’organisation de nombreux congrès à Bruxelles, auxquels ont participé des personnalités réputées du champ de la psychothérapie,…

Nous restons donc impliqués et présents dans la diffusion du modèle systémique en psychothérapie et nous vous invitons à participer à notre démarche.

 

Mony Elkaïm nous a quittés...

SAVE THE DATE : le 23 janvier 2021 de 17h30 à 20h30.

Suite au décès de notre directeur, Mony Elkaïm, décédé le 20 novembre dernier, l’Institut d’Etudes de la Famille et des Systèmes Humains organise une cérémonie d’hommages sur Zoom. Bloquer la date du samedi 23 janvier 2021 dans votre agenda.

Afin d’y participer, il est impératif de s’inscrire préalablement via le lien suivant et ce, avant le mercredi 20 janvier à 18h.

https://us02web.zoom.us/.../tZUkdO2urTspGd0dYL2g2YWbhWsqL...

Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à nous contacter par mail à l'adresse suivante: iefshformation@gmail.com

Il est par ailleurs toujours possible d’envoyer un mot ou un témoignage pour le livre d’or de condoléances à l’adresse mail suivante : monyelkaim.hommage@gmail.com

Décédé à Bruxelles le 20 novembre dernier à l’âge de 79 ans, le directeur de l’Institut d’Etudes de la Famille et des Systèmes Humains, Mony Elkaïm, fut un psychothérapeute et un thérapeute familial internationalement reconnu. Peu auront autant que lui marqué le champ de la santé mentale au cours des cinquante dernières années.

Né à Marrakech au sein d’une famille juive, ce qui l’ouvrit à la pluralité des cultures, Mony Elkaïm poursuivit ses études à Paris. Il y  bénéficia de l’enseignement d’Emmanuel Levinas qui le sensibilisa, comme le fera plus tard Henri Baruk, à l’éthique et au sens de la responsabilité. Il mena ses études de médecine en Belgique, à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), et se spécialisa en neuropsychiatrie. Durant cette période, il fut l’une des voix du mouvement de l’Assemblée libre au sein de cette université en mai 1968. L’année suivante il coordonna, avec le soutien de Jean-Paul Sartre, les comités Israël-Palestine qui prônaient une solution à « deux États pour deux peuples ».

Mony Elkaïm séjourna au début des années 1970 à l’Albert Einstein College of Medicine aux Etats-Unis, où il pratiqua une psychiatrie sociale et communautaire avec des familles marginalisées dans le Bronx. Au sein du Bronx State Hospital il découvrit la thérapie familiale naissante auprès de précurseurs de l’approche systémique, comme Israel Zwerling, Dick Auerswald, et Al Shefflen. Les recherches de ce dernier sur le comportement non verbal et les distanciations sociales l’influencèrent durablement. Durant ce séjour, il forgea un lien de « fraternité » avec Maurizio Andolfi, psychiatre Italien devenu par la suite un thérapeute familial de renom à Rome.

Revenu en Belgique, Mony Elkaïm adhéra au courant de l’antipsychiatrie et, avec le soutien de La Gerbe devenue l’un des premiers Centres de Santé Mentale bruxellois ( à Schaerbeek) où il poursuivit une pratique de psychiatrie communautaire, Il organisa  en 1975 une rencontre internationale sur le thème « L’alternative au secteur psychiatrique ». Mony Elkaïm devint alors coordinateur d‘un réseau international qui explorait les solutions alternatives dans le champ de la santé mentale. Participèrent à ce réseau des personnalités telles que Franco Basaglia, Giovanni Jervis, Félix Guattari, Roger Gentis, Françoise et Robert Castel, David Cooper et Ronald Laing. Les travaux de ce groupe, présentés dans les textes que Mony Elkaïm recueillit dans Réseau Alternative à la psychiatrie (UGE, Paris, 1977), auront un impact sur les pratiques en santé mentale.

Parallèlement à ces actions militantes, Mony Elkaïm développa une pratique de thérapie de couple et de famille ainsi qu’une activité de formateur en thérapie familiale. En 1979, il créa à Bruxelles l’Institut d’Études de la Famille et des Systèmes Humains (IEFSH). Avec ses collègues de l’Institut, comme Jacques Pluymaekers, Edith Goldbeter, Geneviève Platteau et Alain Marteaux, Mony Elkaïm organisa en 1981 le premier d’une série de congrès internationaux de thérapie familiale en Europe, auxquels furent invités les pionniers de la thérapie familiale américains —dont ceux du MRI de Palo Alto et de l’Ackermann Institute de New York— et européens dont Mara Selvini, Luigi Cancrini, et Maurizio Andolfi, ainsi que des représentants de l’antipsychiatrie cités plus haut. Ces rencontres mémorables rassemblèrent à chaque fois un millier de participants et donnèrent une impulsion décisive au modèle systémique qui était encore peu connu en Europe.

En 1990, Mony Elkaïm fonda l’Association européenne de thérapie familiale (European Family Therapy Association, EFTA) qu’il présidera pendant plus de dix ans, avant d’en présider la chambre des Instituts de formation. Soucieux de défendre le statut des psychothérapeutes, il créa et soutint de nombreuses associations professionnelles, en Belgique et à l’étranger. Il lança en 1979 les « Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux », première revue de thérapie familiale en langue française, et dirigea à partir de 2003 la collection « Couleur Psy » aux Éditions du Seuil. Professeur à l’Université libre de Bruxelles, il devint responsable de l’unité de thérapie systémique au sein du service de psychiatrie dirigé par le Prof. Julien Mendelewicz à l’hôpital Erasme rattaché à l’ULB.

Ses rencontres et amitiés avec des personnalités de différents champs comme Félix Guattari, le prix Nobel de chimie Ilya Prigogine et le cybernéticien Heinz von Foerster, lui permirent d’introduire de nouveaux concepts en thérapie familiale comme les assemblages, les bifurcations et les résonances, qu’il exposa dans des ouvrages dont Si tu m’aimes, ne m’aime pas. Approche systémique et psychothérapie (Seuil, 1989), Où es-tu quand je te parle? (Seuil, 2014), et Vivre en couple. Plaidoyer pour une stratégie du pire (Seuil, 2017). Il proposa une synthèse des diverses approches du domaine dans un Panorama des thérapies familiales (Seuil, 1995).

Mony Elkaïm était un  homme constamment en marche – à l’image d’une sculpture bien connue de Giacometti – transmettant ses connaissances, ses questionnements et son humanité en marchant en long et en large dans les salles de formation ou sur la scène des congrès, développant son approche devant les regards émerveillés du public de thérapeutes en formation ou aguerris, qui tentaient de le suivre de gauche à droite tout en prenant des notes… Il a été un formateur hors pair, pratiquant avec ses auditeurs une maïeutique brillantissime qui, souvent, leur faisait croire que c’était eux qui avaient trouvé la solution pour sortir de l’impasse où ils se trouvaient avec leurs patients.

Psychothérapeute de renommée internationale, sa créativité et son charisme ont fait de lui un orateur recherché. Il intervint dans de multiples réunions et donna maintes formations un peu partout dans le monde. Il fut l’un des rares thérapeutes européens à être reconnu par l’Association américaine de thérapie de couple et de famille (AAMFT) pour faire des supervisions aux Etats-Unis. Son style de thérapeute alliait l’éthique à l’esthétique. Souvent il illustrait sa démarche au moyen de simulations sous forme de jeux de rôle dans lesquels les participants d’une famille fictive proposaient une situation bloquée qu’il dénouait par des interventions lumineuses, en faisant participer la salle.

Ajoutons que cet homme, toujours soucieux de transmettre et de partager, se préoccupait encore ses derniers mois, sur son lit d’hôpital, d’intégrer dans l’Institut les formateurs issus de la plus jeune générations, qui participaient au développement de la formation de l’IEFSH depuis plusieurs années. 

Mony Elkaïm fut pendant quatre décennies une force motrice dans le champ de la thérapie familiale qu’il contribua à développer en Europe et dans le monde. En 2017 le « prix Sigmund Freud de psychothérapie de la ville de Vienne » vient reconnaître son parcours et son rôle de pionnier.

Edith Goldbeter

Directrice de la formation à l’IEFSH.

Rédactrice en chef des Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux.

Directrice de la formation à l’Institut d’Etudes de la Famille et des Systèmes Humains (IEFSH) de Bruxelles, Rédactrice en chef des Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux.

Voici également le lien vers un article du journal Libération, hommage à Mony Elkaïm

https://www.liberation.fr/debats/2020/11/30/mony-elkaim-pionnier-du-champ-des-therapies-familiales_1807202