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Souffrances d'habitants....

 

D’emblée, un peu d’histoire. Qui dit, même improprement, « hommes des cavernes » pour caractériser les « premiers hommes » sous-entend, nécessairement, que le propre de l’Homme est de s’approprier un espace-temps susceptible d’une part, de le protéger des différentes agressions du Dehors (du climat, des prédateurs…) et d’autre part - il suffit d’avoir à l’esprit les magnifiques représentations d’animaux et de scènes de chasse sur les parois des Grottes de Lascaux pour s’en convaincre –, de poétiser son séjour ou son être-au-monde. Ces premiers hommes nous enseignent, en d’autres mots, que l’habitation est intrinsèque aux humains en tant qu’elle leur permet et de s’abriter des attaques du Dehors et d’interroger, en l’occurrence, via l’Art, le mystère et affres de leur existence. L’habitation protège donc le corps et développe l’esprit des hommes. S’en prendre dès lors à l’habitation, c’est donc non seulement livrer en pâture le corps des hommes aux dangers du Dehors qui le menace, mais aussi s’attaquer à l’expression de ces facultés ou libertés que les hommes manifestent dans l’enceinte de leur habitation, en dehors donc du Regard Social : d’écrire, de penser, d’aimer ou de désirer.

 

En Région Bruxelloise, nous assistons malheureusement à la réduction de l’habitation à un simple et pur instrument économique susceptible d’une part, d’enrichir, économiquement, la Région par l’arrivée d’investisseurs européens et internationaux, de touristes et d’habitants (plus) fortunés et d’autre part, d’exclure, purement et simplement, tous ceux et celles qui contreviennent à cette prospérité économique régionale. En Région Bruxelloise, l'habitation (privée) est devenue ainsi une jouissance offerte uniquement à celui ou celle qui dispose de moyens financiers (très) conséquents.

 

Du coup, voici quelques uns des symptômes que nous percevons :  il y a ces milliers et milliers d’habitants désespérés que la mort aux trousses, soit la barbarie des montants des loyers pratiqués dans le secteur immobilier privé, contraint à la quémande d’un logement social; il y a ces familles entassées dans des « dépotoirs » (sociaux ou privés); il y a ces habitants qui vivent, « comme des rats » (sic), dans des caves; il y a ces habitants qui souffrent en silence, qui n’arrivent plus à « boucler leur budget » et qui, pour « se sauver », se défenestrent ou s’intoxiquent avec des substances susceptibles d’anesthésier leurs pensées dépressives, tristes; il y a ces êtres « bizarres » ou « violents » ou au « comportement fou » qui peuplent de plus en plus les rues bruxelloises; il y a ces jeunes à la liberté de résider sapée par la supposée « crise du logement » et, donc, contraints de vivre, encore et encore, « avec papa et maman »; il y a ces enfants (et parents) qui souffrent de ne pas disposer d’un espace intime; il y a ces habitants que certains propriétaires n’autorisent pas à habiter, à jouir de leur bien du fait de la couleur de leur « faciès » (noir, brun…) et/ou de leur appartenance économique (CPAS…); il y a ces habitants – dits, aujourd’hui, privilégiés ! -, forcés, au risque d’une radiation (car réglementairement « adapté »), d’accepter un logement social qui ne leur convient pas; il y a ces habitants sociaux qui se plaignent de l’exiguïté et médiocrité de leur appartement et environnement; il y a ces habitants qui s’exilent vers un Ailleurs de plus en plus lointain. Etc.

 

Hier donc, des « hommes de cavernes ». Aujourd’hui, des siècles et des siècles plus tard, des « hommes en manque d’abris » sans même une grotte de quoi faire semblant d’habiter.

 

L'objectif principal de l'ALMK, son devoir humanitaire, est, précisément, de ne pas laisser tomber ces hommes...

 

 

 

 

 

 

 

Publications

A paraître d'ici peu:

- Le second numéro de La revue "Extimité", bientôt disponible sur commande à l'adresse électronique de l'ALMK ou, directement, à la librairie Tropismes à Bruxelles;

 

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